Installation composée de trois éléments:
Voyant (réparer le silence)
Panne de courant, onduleur, Arduino®, amplificateur, haut-parleurs
Témoins (combler le vide)
Peinture phosphorescente
Urgent (porter bonheur)
Impressions numériques, avis parus dans les journaux N+, édition du 28 septembre 2022 p.12 et Arcinfo, édition du 14 octobre 2022, p.10
Parallels, part 3 : Central Heating Visions, Centre d’art Neuchâtel (CH)
Photos © S. Verdon
Charge fantôme a été imaginé à travers l’histoire du centre d’art, anciennement usine de chauffage, et la crise énergétique. L’installation se dévoile uniquement en cas de panne de courant. Elle est composée de trois parties.
[...] Une altération est en cours, même si nous n’en percevons rien. Soudain, nous voyons que l’herbe a poussé, nous nous rendons compte que la planète s’est réchauffée. Des changements relevant de la fiction en quelques mois, semaines, jours, heures deviennent réels. Le monde a des dimensions qui de toutes parts nous excèdent. Dans le contexte de l’après-guerre, Günther Anders s’est inquiété de notre incapacité à imaginer la destruction qui nous attend, et il a appelé supraliminaires ces événements nous dépassant à tel point que nous ne pouvons les concevoir. Quelle image peut donc rendre sensible cette imminence en suspension ? En créant une œuvre qui ne deviendra perceptible que si le black-out vient à se produire, Caroline Bourrit crée un pont entre notre aptitude locale à imaginer et une réalité globalement insensible. L’œuvre s’activant dans la panne deviendra la trace de phénomènes systémiques et lointains. En attendant, nous sommes dans une pièce presque vide où le minuscule, l’inerte et l’ordinaire sont des formes quasi subliminales du retournement en passe de se faire. [...]
Extrait du texte d’exposition, Baptiste Gaillard
Charge fantôme (Phantom load) was conceived through the history of the art center, formerly a heating plant, and the energy crisis. The installation reveals itself only during a power outage. It consists of three parts.
[...] Something is changing, even if we don’t notice it. Suddenly we see that the grass has grown; we realize that the planet has become warmer. All it takes is a few months, weeks, days or hours before changes that seemed almost fictional become real. In every way, the world has dimensions that are beyond our perception. In the postwar period, Günther Anders warned about our inability to even imagine the destruction awaiting us, and he applied the term supraliminal to events that are so beyond our threshold of consciousness that we can’t even conceive them. What image, then, can make visible that imminence that hangs over us? By creating an artwork that will not become perceptible unless the blackout comes to pass, Caroline Bourrit has produced a bridge between our local imaginative capacity and a global reality that is beyond our comprehension. This piece that becomes activated by a total power outage will become the trace of systematic and distant phenomena. In the meantime, we remain in an almost empty room where the minuscule, the inert and the ordinary are quasi-subliminal forms of an inflection point already underway. As we wait, our attention fades. [...]
Excerpt from the exhibition text, Baptiste Gaillard